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Du fioul reste dans la cuve : que faire avant de l’arrêter ?
Le brûler, le faire pomper, le céder ? Ce qu’on peut faire du fioul qui reste quand on arrête le chauffage au fioul, et ce qu’il ne faut pas faire.
Vous arrêtez le fioul, et la jauge indique encore plusieurs centaines de litres. Du combustible payé, qui dort dans la cave. Il n’y a que trois issues raisonnables, et quelques gestes à proscrire.
La jauge dit combien il reste. C’est elle qu’on consulte avant de décider quoi que ce soit.
Le plus simple : le brûler avant
Si vous connaissez la date du changement, arrêtez de commander du fioul et chauffez normalement jusqu’au bout. C’est la seule solution qui ne coûte rien.
Une limite, cependant : ne cherchez pas à tirer les tout derniers litres. Au fond de la cuve dorment de l’eau et des boues (des dépôts qui se forment avec le temps). Une chaudière qui aspire ce fond bouche son filtre et se met en panne. Les derniers litres seront pompés avec le reste lors de la neutralisation.
Le faire pomper par l’entreprise
Avant toute neutralisation ou tout retrait, l’entreprise pompe le fioul restant : c’est la première étape du chantier (voir comment se passe une neutralisation). Selon son état et sa quantité, ce fioul peut être filtré et réutilisé, ou traité comme un déchet dangereux.
Posez la question au moment du devis : que devient le fioul pompé, et est-il pris en compte dans le prix ? Les pratiques varient d’une entreprise à l’autre ; ce qui compte, c’est que la réponse soit écrite.
Le céder à quelqu’un qui chauffe encore au fioul
Un voisin ou un proche a encore une chaudière fioul ? C’est possible, à deux conditions :
- Le transfert se fait avec du matériel adapté — pompe, tuyaux, filtre —, pas au seau. Faites-le faire par un professionnel.
- Le fioul est propre. Celui d’une vieille cuve peut contenir de l’eau et des dépôts : la chaudière qui le reçoit n’en veut pas. Un filtrage est indispensable.
Remplir des bidons vous-même pour les transporter dans votre voiture n’est pas une bonne idée : c’est un liquide inflammable, et l’ADR — l’accord européen sur le transport des marchandises dangereuses par route — ne tolère chez un particulier que de petites quantités.
Ce qu’il ne faut jamais faire
- Le vider dans un évier, un égout, un fossé ou la terre du jardin. C’est une pollution, et c’est interdit : quelques litres suffisent à souiller un sol ou une nappe d’eau.
- Le brûler dans une cheminée, un poêle, un brasero. Ils ne sont pas faits pour ça, et le risque d’incendie est réel.
- Le stocker en bidons au garage « au cas où ». Vous recréez ailleurs le problème que vous vouliez régler.
- Découper ou ouvrir la cuve pour récupérer le fond. Une cuve qui a contenu du fioul reste pleine de vapeurs inflammables.
Et si la maison est vendue avec du fioul dedans ?
Si la chaudière fioul reste en service, le fioul fait partie de l’installation vendue : son éventuel rachat se négocie entre vendeur et acquéreur, aucun texte ne l’impose. Si la cuve n’est plus utilisée, en revanche, le fioul doit être pompé avant la neutralisation, comme dans les cas précédents.
À retenir
Dès que la date du changement est connue, cessez les livraisons et chauffez jusqu’au bout, sans racler le fond. Faites pomper le reste par l’entreprise qui traite la cuve, en lui demandant par écrit ce que devient ce fioul. Jamais d’égout, de jardin ou de bidons.
Images d’illustration : elles représentent une situation type, pas un chantier précis.